Restauration des Igoudars : le grenier d'Immchguiguen renaît dans l'Anti-Atlas
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Restauration des Igoudars : le grenier d'Immchguiguen renaît dans l'Anti-Atlas

La région de Souss-Massa poursuit ses efforts pour préserver et valoriser son patrimoine culturel unique. Dans l’arrière-pays de l’Anti-Atlas, les greniers collectifs, appelés Igoudars, témoignent d’un héritage architectural et social exceptionnel, remontant parfois au XVIIe siècle. Ces structures, qui se comptent par centaines, sont des symboles marquants de l’histoire amazighe et une niche touristique encore sous-exploitée. Leur réhabilitation est désormais perçue comme un levier potentiel de développement économique intégré.

À environ 40 kilomètres d’Agadir, sur la route d’Aït Baha, se trouve l’un de ces trésors : l’agadir du village d’Immchguiguen. Cette majestueuse forteresse ocre, marquée par son architecture vernaculaire, a récemment été restaurée avec soin. Après huit mois de travaux, le grenier a retrouvé son éclat d’antan, grâce à une collaboration participative entre plusieurs acteurs, dont le Conseil régional du Souss-Massa.

Un projet porté par une démarche collective

La restauration de l’agadir d’Immchguiguen a nécessité un investissement de 1,3 million de dirhams, entièrement financé par le Conseil régional. Ce projet a été initié dès 2004 par l’Association Solidaire des Architectes du Sud (ASAS), sous la direction de l’architecte Samira Saoudi, qui a supervisé bénévolement les travaux. Des études approfondies, débutées en 2005, ont permis d’assurer une réfection conforme aux savoir-faire ancestraux.

Les travaux ont été confiés à une entreprise spécialisée de Khénifra, réunissant des artisans locaux, ou maalems, experts dans la maçonnerie en pierre. « La rénovation de ce patrimoine inestimable devait respecter à la lettre les techniques traditionnelles pour préserver l’identité culturelle de l’édifice », souligne Samira Saoudi.

Un site au service du développement local

La restauration s’inscrit dans une vision globale de dynamisation économique et touristique de la région. Une deuxième phase d’aménagement est prévue, avec une enveloppe budgétaire de 3 millions de dirhams financée par l’Agence de Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA). Ce projet prévoit la création :

  • D’une zone d’accueil touristique,
  • D’une muraille de protection,
  • D’un parking pour autocars,
  • Et d’espaces verts plantés d’arganiers et d’oliviers.

Par ailleurs, le foyer féminin situé sur le site, longtemps inactif, a rouvert ses portes. Ce centre offre désormais divers ateliers pour les femmes locales, favorisant leur autonomisation et leur participation au développement économique de la région.

Un patrimoine à préserver et à promouvoir

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie culturelle initiée par le Conseil régional du Souss-Massa, qui avait déjà permis en 2014 la restauration de trois autres greniers collectifs dans la province de Chtouka Aït Baha (Ikonka, Ouidoulhan et Imhilline). La restauration du grenier d’Immchguiguen se distingue cependant par son approche participative, impliquant élus locaux, institutionnels et société civile.

Vendredi dernier, une délégation conduite par Ahmed Hajji, wali de la région Souss-Massa, et Brahim Hafidi, président du Conseil régional, a visité le site pour constater les résultats de cette mobilisation collective. Lors de cette visite, Hafidi a suggéré l’organisation d’une journée d’étude dédiée au partage d’expériences pour pérenniser ces efforts et réhabiliter d’autres vestiges.

Vers une nouvelle dynamique touristique

L’agadir d’Immchguiguen, véritable témoin du passé, est désormais prêt à devenir un pôle d’attraction touristique. Ce projet ambitieux ne se limite pas à la restauration architecturale : il vise également à renforcer l’économie locale, à promouvoir les échanges culturels, et à inscrire les Igoudars au cœur d’une offre touristique durable et authentique.

Le 16/12/2024

Rédaction de lanouvelletribune

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