
Le Mont Yagour : Trésor Caché de l'Art Rupestre Marocain
Après une première escale dans la vallée de l'Ourika, l'architecte Amine Kabbaj nous guide vers le plateau du Yagour, perché majestueusement au-dessus des terres et abritant l'un des trésors les plus précieux de l'art rupestre mondial. À travers ce site d'une valeur inestimable, il retrace les vestiges d'un lieu de mémoire unique.
L'art rupestre du Maroc se distingue par sa richesse et sa diversité, témoignant des différentes civilisations et cultures qui ont marqué le Royaume. Avec plus de 554 sites de peintures et gravures rupestres répertoriés, dont les plus importantes concentrations se trouvent à Smara, dans le Moyen Atlas, le Haut Atlas et à Figuig, le pays est une destination incontournable pour les passionnés de cet art millénaire, devenu un véritable "argument de vente" sur la scène internationale.
Le mont Yagour, au cœur du Haut Atlas, est l'un des sites les plus remarquables de ce patrimoine. Le plateau, surplombant majestueusement les terres, est un lieu chargé d'histoire, où les pierres racontent silencieusement les récits des civilisations anciennes. Les gravures rupestres qui y sont présentes ne sont pas de simples dessins, mais les premières manifestations artistiques de l'humanité préhistorique, principalement du néolithique et de l'âge du cuivre.
Ces œuvres, réalisées il y a des milliers d'années, témoignent de la vie quotidienne, de la relation avec l'environnement naturel, ainsi que des croyances et coutumes de nos ancêtres. Le site de Yagour, malgré les épreuves du temps et les activités humaines, reste un trésor inestimable. Il abrite plus de 3 500 gravures, dont le célèbre disque solaire, reconnu mondialement pour sa symbolique et sa beauté.
Ces gravures sont bien plus que des œuvres d'art; elles sont les archives vivantes de l'histoire et de la culture du Maroc ancien. Protéger et préserver ces vestiges est essentiel pour honorer la mémoire de ceux qui nous ont précédés et conserver une part cruciale de notre histoire commune, vieille de près de 6 000 ans.
Cela requiert une action concertée des autorités, en particulier des ministères de la Culture et du Tourisme, pour garantir la conservation de ce patrimoine national unique. Encourager la recherche scientifique et valoriser ces sites contribuerait à en faire des centres de rayonnement culturel pour le Maroc et le monde entier. En protégeant ces témoignages du passé, nous assurons la transmission de cette richesse aux générations futures.
Le 27/08/2024
Rédaction de l’AMDGJB Géoparc Jbel Bani
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